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Effet papillon

Effet papillon
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Chères musiciennes,
Chers musiciens,

Lorsque j'ai pris mes fonctions au sein de l'Association suisse des musiques (ASM), la musique à vent m'était déjà tout sauf étrangère. J'y suis impliqué depuis de nombreuses années, comme instrumentiste, mais aussi en tant que directeur. Il n'en reste pas moins que mon regard a évolué.

C'est en effet sous la perspective de l'association faîtière que l'on prend conscience de toute la diversité de notre paysage musical: s'y côtoient petites sociétés, grandes formations, ambitieux orchestres compétiteurs, fanfares de village, jeunes musiciens novices et instrumentistes expérimentés qui jouent depuis des décennies avec le même enthousiasme. Autant de régions, de langues et de traditions différentes unies par la même passion.

Cette diversité n'est pas sans m'impressionner, tout comme la qualité, le savoir-faire et l'engagement qui caractérisent notre musique à vent. Dès lors, aucune raison de nous cacher. Musicalement, nous sommes compétitifs à l'échelle internationale. Sur le plan organisationnel, nous disposons de structures stables ainsi que de vastes compétences et pouvons profiter d'un engagement bénévole hors norme.

Si nous pouvons nous appuyer sur ces solides bases, il n'en reste pas moins que la société, les habitudes de loisirs et la manière de s'engager évoluent. Et l'ASM doit elle aussi trouver la parade face à ces changements. Dès lors, nous réexaminons nos structures et nos infrastructures, exploitons les possibilités offertes par la numérisation et cherchons où jouer nos atouts pour servir au mieux la musique à vent.

Cela dit, le changement n'impose pas de délaisser ce qui a fait ses preuves jusqu'ici. La culture associative, la pratique de la musique en groupe depuis des générations, les amitiés ainsi nouées et l'obligeance qui en découle ne sont en aucun cas des valeurs surannées. Au contraire, elles sont aujourd'hui plus importantes que jamais.

J'ai à cœur que l'ASM écoute, fédère, facilite les choses, préserve - avec pertinence - les acquis et ose l'innovation lorsqu'elle se révèle profitable. Notre milieu - celui de la musique à vent - ne peut se permettre d'attendre pour voir ce que le futur lui réserve. Il doit prendre lui-même son destin en main.

Car l'avenir de la musique à vent suisse ne saurait être façonné par la seule ASM ou son seul secrétariat permanent. Il se construit chaque jour dans nos locaux de répétition, nos écoles de musique et nos sociétés. Partout où quelqu'un transmet à un enfant sa passion pour un instrument, où un directeur se lance dans l'inédit, où un comité remet en question les habitudes et où un ou une instrumentiste trouve toujours du plaisir à se rendre en répétition, même après de nombreuses années.

Aucun développement ne commence par un concept de grande envergure. Il débute à petite échelle et chez chacune et chacun d'entre nous. L'ASM peut certes donner des impulsions, rassembler les gens et créer des conditions-cadres favorables. Mais ce n'est qu'en unissant nos forces que nous parviendrons à façonner l'avenir de la musique à vent suisse.

Au terme de ma première année, c'est essentiellement l'enthousiasme à l'idée de tout ce que nous pourrons encore accomplir ensemble qui m'habite. La musique à vent suisse peut se prévaloir d'une longue tradition. A nous, ensemble, d'en écrire les nouveaux chapitres.