Pour la première fois dans l'histoire de la Fête Fédérale de Musique, à Bienne, la jeunesse s'est vu offrir sa propre plateforme. D'une part, avec la présence de l'ensemble de jeunes de la Musique de la Ville (Jubis), qui s'est produite sur la scène principale lors de la cérémonie d'ouverture de la FFM26 le mercredi soir avant l'Ascension. Et d'autre part, avec la Youth Night de l'Ascension, au théâtre Nebia, rempli jusqu'à la dernière place.
Jeudi 14 mai, 17h40. Devant l'entrée du théâtre Nebia de Bienne, un grand groupe d'enfants et d'adolescents se rassemble, munis de leurs coffres d'instrument et de leurs dossiers de partitions. Quelques parents les accompagnent. L'impatience des jeunes est clairement perceptible, tout comme une certaine tension avant cette prestation majeure.
Peu de temps après, l'équipe de responsables - Gregory Heiniger, Doris Stingl et Jessica Wipfli - arrive, salue les enfants et ouvre la porte. Et ces derniers de se précipiter à l'intérieur, de s'emparer d'un t-shirt Youth Night et de sortir leurs instruments. Tout en engloutissant quelques bouchées des sandwichs préparés pour eux par les responsables, ils écoutent Gregory Heiniger, directeur et co-initiateur, qui leur donne les dernières informations sur le déroulement de la soirée.



Certains se retrouvent en petits groupes, échangent, rient, d'autres s'échauffent, bref, l'ambiance est bonne, en prise à une certaine excitation, mais globalement joyeuse et preuve d'une belle motivation.


Au total, 81 enfants et jeunes âgés de 9 à 23 ans participent à ce projet unique en son genre. Ils parlent allemand ou français, et, en même temps, tous la même langue, celle de la musique. C'est ce qui les a soudés pendant le peu de temps qu'ils ont passé ensemble. Ils viennent des cantons de Berne, du Jura, de Soleure, de Fribourg, de Neuchâtel et d'Argovie et forment ensemble un orchestre d'harmonie complet. Le groupe compte même deux flûtes à bec.

«Je fais aussi partie de Jubis et j'aime pratiquer la musique en groupe. Je trouve passionnant de rencontrer de nouvelles personnes avec qui jouer.».
«C'est un plaisir de jouer ici. Je me réjouis de voir le public et de vivre la belle ambiance qui, je l'espère, se dégagera du concert.»

Gregory a répété avec les enfants le programme du soir en seulement deux répétitions de 75 minutes chacune. Avec pour objectif de choisir un répertoire abordable en si peu de temps, mais aussi de s'assurer que tout le monde prenne plaisir à jouer, malgré les différences d'âge et de niveau - conséquentes -, et de plaire au public.

«Pour être honnête, je suis très agréablement surpris de voir que les enfants aiment à ce point ce qu'ils font et que le choix des morceaux leur plaît. Les œuvres choisies sont exigeantes: ‹Für immer uf Di›, ‹America› - changements de mesures et défi rythmique à la clé -, ou encore ‹Hallelujah›, où presque tous les instrumentistes se retrouvent exposés», explique le directeur.

«Beaucoup de copains sont aussi de la partie, ce qui me motive encore davantage à jouer. C'est génial et très sympa d'être aussi nombreux. Je me réjouis de voir comment le concert va se dérouler!»
«J'ai rejoint Jubis il y a peu et on m'a demandé si je voulais participer à ce projet. Les répétitions m'ont beaucoup plu et maintenant, je me réjouis du concert et du public, en espérant que cela lui plaira et que nous pourrons faire de la bonne musique.»

Au début, il était difficile d'estimer le type et le nombre de jeunes qui allaient venir, ainsi que leur niveau, poursuit-il: «Nous pensions qu'en attirer entre 20 et 30 serait déjà bien et le projet aurait alors été concrétisé. Mais jamais je n'aurais imaginé plus de 80!»
C'est maintenant l'heure de l'échauffement. Après avoir reçu des instructions pour savoir qui passe par où, les enfants, instruments et partitions en main, trouvent rapidement leur place sur scène. Ils sont prêts, la répétition peut commencer. Tout est nouveau, et l'un ou l'autre des jeunes musiciens est un peu distrait. Mais Gregory garde son calme et les exhorte à se concentrer sur la musique.

Tous les morceaux sont joués, les solos et certaines de leurs parties répétés encore une fois. La concentration augmente sensiblement. Le directeur, «Greg», comme tout le monde l'appelle, termine l'échauffement et donne les dernières instructions pour l'entrée en scène. En quittant cette dernière, on s'entraîne à faire les choses dans l'ordre. Tout se passe bien.
«J'aime beaucoup faire de la musique et je me réjouis de jouer ce soir devant beaucoup de monde. C'est génial quand on a travaillé pour un concert et que le public vient en nombre. Montrer lors du concert ce que l'on a répété est toujours un moment fort.»

«Les enfants se sont préparés très sérieusement. Ils sont motivés et pleinement concentrés», se réjouit Doris Stingl, co-initiatrice. «Le Youth Band revêt un caractère particulier. Il s'agit de créer une expérience pour les enfants et les jeunes, de les stimuler dans leur pratique musicale et de leur offrir une plateforme. Le faire lors de la FFM est d'autant plus pertinent, car ces jeunes sont l'avenir de toutes nos sociétés de musique!»

La grande salle du théâtre Nebia se remplit jusqu'à la dernière place. De nombreux parents et proches sont là, heureux de voir leurs enfants sur scène. Quelques extraits projetés à l'écran leur apprennent ce qui a motivé les jeunes à faire de la musique et à rejoindre le Youth Band.


Puis, le Youth Band entre sur scène sous les applaudissements. L'ensemble commence par «Hallelujah», d'abord interprété par un petit groupe de solistes, puis en tutti. La concentration est totale, les 81 paires d'yeux ne quittent pas le chef. «Hallelujah» résonne, on sent l'énergie se dégager, mais aussi unir le groupe, le directeur et le public.
«Jouer une fois dans un groupe de plus grande taille m'a motivée, tout comme le faire avec Silvana. Je me réjouis de faire de la musique et de rencontrer le public.»


«J'ai eu plaisir à répéter et maintenant, je me réjouis du concert, en compagnie de Carla, bien sûr.».
Après «America», extrait de la célèbre comédie musicale «West Side Story», place aux interviews, en direct sur scène ainsi que par vidéo. Le public découvre le chemin parcouru depuis les cours individuels et collectifs à l'école de musique jusqu'au passage à la musique des jeunes et, plus tard, à une société de musique. Un septuor s'installe alors devant l'ensemble et joue une première fois «Für immer uf Di», de Patent Ochsner.






Le public apprend ensuite que le quotidien des répétitions peut parfois s'apparenter à un défi, par exemple, lorsque la motivation pour s'exercer fait défaut. Dans de telles situations, faire de la musique en groupe, trouver une dynamique entre amis, peut énormément aider», apprend-on du chef dans l'interview. L'ensemble joue alors «Happy», célèbre chanson de Pharrell Williams, qui s'inscrit bien dans le thème.

La prestation d'une heure s'est achevée par le tube de Patent Ochsner «Für immer uf Di», avec l'orchestre d'harmonie au complet et un public enthousiaste qui s'est mis à chanter à tue-tête. Chair de poule au rendez-vous.

Peu après la prestation, Gregory déclare: «Ce fut une expérience extraordinaire! Et bravo à l'Association suisse des musiques et au CO de la FFM26 d'avoir offert cette tribune aux jeunes. Malgré l'effort conséquent, le jeu en a valu la chandelle. Le résultat en est éloquent.
Je le referais sans hésiter. Faire de la musique en grand groupe, c'est génial! C'est certes cool pour les enfants de jouer ensemble dans des formations de plus petite taille, mais le son et l'interaction, les nombreuses personnes partageant les mêmes idées que l'on rencontre dans un grand orchestre, tout cela revêt un caractère vraiment particulier.»












