Wenn Sie auf «Alle Cookies akzeptieren» klicken, stimmen Sie der Speicherung von Cookies auf Ihrem Gerät zu, um die Navigation auf der Website zu verbessern, die Nutzung der Website zu analysieren und unsere Marketingaktivitäten zu unterstützen. Weitere Informationen finden Sie in unserer Datenschutzrichtlinie.

Un directeur d'orchestre à vents et symphonique

Un directeur d'orchestre à vents et symphonique
No items found.

Andrea Barizza, musicien italien exerçant principalement en Allemagne, était l'un des 130 experts de la Fête Fédérale de Musique. «unisono» en a profité pour s'entretenir avec ce chef qui passe avec aisance du monde de la musique à vent au milieu symphonique.

Andrea Barizza, vos activités vous amènent à diriger aussi bien des orchestres à vent - depuis des années notamment la Dresdner Bläserphilharmonie - que des orchestres symphoniques. Quel parcours vous a conduit à cette dualité?

J'ai d'abord suivi une formation de pianiste en Italie, où je me suis beaucoup consacré à la musique de chambre et à la musicologie. Puis j'ai pris mes quartiers à Dresde, où j'ai étudié la direction d'orchestre. Peut-être que ma formation de pianiste, instrument «neutre», m'a ôté tout a priori concernant les types d'orchestre et incité à placer les deux mondes sur un pied d'égalité.

Portrait d'Andrea Barizza
Andrea Barizza est le directeur artistique et musical de la Dresdner Bläserphilharmonie.

Dirige-t-on différement un orchestre symphonique et un ensemble à vents?

Une différence est fondamentale: l'orchestre à vent doit respirer. Les cordes «respirent» elles aussi entre les phrases, mais il ne s'agit pas d'un besoin physiologique. Et bien sûr, le timbre est complètement différent. Un chef qui travaille avec ces deux types de formations doit faire preuve d'une écoute particulièrement attentive pour trouver rapidement ses repères. Mais, en soi, la direction reste la direction, qu'il s'agisse d'un orchestre à vents, à cordes ou symphonique.

Il est toutefois plus courant qu'un directeur limite son activé à un domaine.

C'est vrai, mais c'est aussi dû au fait que les conservatoires - en Allemagne, bien sûr, mais aussi en Suisse - proposent deux filières distinctes: la direction d'orchestre et la direction d'orchestre à vents. Or, même si les deux domaines présentent des différences, rien ne justifie, à mes yeux, de les considérer comme deux cursus totalement séparés. Les répertoires abordés sont certes différents, tout comme les types de sonorités, auxquels il faut se faire, mais la technique de base reste la même.

Andrea Barizza avec la Dresdner Bläserphilharmonie, vue depuis la salle
Avec la Dresdner Bläserphilharmonie, lors d'une interprétation du «Stabat Mater» du compositeur espagnol José Suñer Oriola, œuvre écrite pour orchestre à vents et chœur.

Italien ayant bâti sa carrière professionnelle en Allemagne, vous avez l'œil - et l'oreille - habitués aux comparaisons. Quelles différences percevez-vous entre nous et les Allemands?

Je ne peux pas m'appuyer sur des données officielles, mais je pense que la Suisse compte la plus forte concentration d'ensembles à vents de toute l'Europe, que ce soit par rapport au nombre d'habitants ou à la superficie du pays. Et je ne pense pas qu'il y ait de fortes différences entre les différentes régions linguistiques. En Allemagne, la situation est différente: dans le nord, le mouvement est peu développé, quasi inexistant dans le nord-est. La musique à vent est encore quelque peu perçue comme une activité de «deuxième zone». Dans le sud, en revanche - par exemple dans le Bade-Wurtemberg -, le mouvement est très actif. Il existe donc une nuance sur le territoire. 

Dans les deux pays, on trouve des formations dont la fonction s'oriente davantage sur le rassemblement social, entretenant un lien étroit avec la population et le territoire, et d'autres qui mettent davantage l'accent sur l'aspect artistique, la pratique musicale à un certain niveau. Il se trouve peut-être quelques différences plus «techniques», comme les habitudes en matière d'instrumentation, mais je vois surtout des similitudes.

Vous avez fait partie des experts de la Fête Fédérale de Musique. L'Allemagne a également organisé récemment sa fête au niveau national. Un autre point commun?

Lorsqu'on évoque la fête fédérale, la différence saute aux yeux: si seulement il y avait plus de pays comme la Suisse à cet égard! Je pense qu'aucun autre pays ne peut se targuer de mettre sur pied une fête de musique qui attire autant de public. Je n'ai pas seulement vu beaucoup de monde, mais des gens qui vivent la musique. Disposer d'un public chaleureux et participatif est un aspect crucial, qu'il faut savoir ménager. La véritable force du mouvement réside dans le soutien de la population «ordinaire», hors sérail. Et c'est là qu'intervient également la responsabilité de ceux qui choisissent les pièces, appelés à bien évaluer ce qu'il convient de faire, toujours un peu partagés entre ce qui peut facilement plaire au public et ce qui va plutôt dans une direction plus artistique et culturelle.

Andrea Barizza avec la Dresdner Bläserphilharmonie et de jeunes percussionnistes
En 2023, avec la Dresdner Bläserphilharmonie et de jeunes percussionnistes, lors d'une répétition sur «Libertadores» du compositeur espagnol Óscar Navarro

Qu'avez-vous pu observer à cet égard lors de la fête de Bienne ?

J'ai officié au sein de deux jurys différents, l'un pour la deuxième catégorie et l'autre pour la première catégorie Harmonie. Les pièces de libre choix témoignaient d'une volonté générale de faire progresser les formations, avec un répertoire très ciblé, et non seulement d'emballer le public. Les résultats sont globalement bons, même en comparaison internationale.

Vous êtes à la tête de la Dresdner Bläserphilharmonie. De quel type de formation s'agit-il?

C'est un ensemble semi-professionnel - donc composé d'amateurs de haut niveau et d'un bon nombre de professionnels -, qui travaille par projets. Chaque année, nous menons trois projets différents avec trois ou quatre concerts pour chacun d'entre eux. Nous organisons également le Winds Composition Contest Saxony, un concours international de composition dédié à la musique pour orchestre à vents. En 2026, ce sera sa cinquième édition.

Andrea Barizza avec la Dresdner Bläserphilharmonie et la Postmusik Salzburg
En mars 2026, à l'occasion d'un concert célébrant les 35 ans de partenariat entre les villes de Dresde et de Salzbourg, la Dresdner Bläserphilharmonie et la Postmusik Salzburg se sont réunies en un seul et même ensemble.

Travaille-t-on différemment avec des ensembles professionnels et ceux qui comptent également des amateurs?

En substance - et je trouve cela très intéressant -, je dirais que non: tout orchestre, professionnel ou non, fonctionne de la même manière d'un point de vue psychologique, car une dynamique de groupe se développe. Ce qui change, c'est le processus d'apprentissage et de travail. Les professionnels ont forcément développé une capacité plus immédiate à atteindre certains résultats, ce qui réduit le besoin de communiquer avec eux. Les formations d'amateurs requièrent en revanche davantage de répétitions.

Qu'est-ce qui vous a incité à organiser un concours de composition?

La musique contemporaine, dans le milieu symphonique, reste liée à des héritages très intellectuels et ne touche pas le grand public. Alors que dans le monde de la musique à vent, les œuvres composées aujourd'hui séduisent le public. Je pense qu'il est nécessaire d'écrire une musique qui parle au public: nous devons opter pour un langage qui suscite chez les gens des émotions profondes, car sans public, pas d'orchestres. Et en Suisse, vous avez de grands compositeurs. En témoignent une fois de plus les pièces entendues lors de la fête fédérale.

Andrea Barizza et les premiers rangs d'une fanfare
Andrea Barizza a dirigé les deux formations réunies pour l'«Alpensinfonie» de Richard Strauss.

Biographie succincte

Andrea Barizza a étudié le piano au Conservatoire Puccini de La Spezia et la direction d'orchestre à la haute école de musique «Carl Maria von Weber» de Dresde. Il est le directeur artistique et musical de la Dresdner Bläserphilharmonie depuis la saison 2019/2020. Il a notamment dirigé l'Orchestre symphonique de Milan, l'Orquestra Sinfónica do Porto Casa da Música, l'Orquestra Clássica da Madeira et le Brandenburgisches Staatsorchester de Francfort-sur-l'Oder. En 2025, il a fondé le festival «Es klingt», qui propose des concerts et des événements consacrés à la musique à vent en Allemagne de l'Est.