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Swiss Conducting Days

Swiss Conducting Days
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Benedikt Hayoz (l.) und Thomas Trachsel sprechen über die Swiss Conducting Days.

L'orchestre symphonique à vents aulos, l'ASM et quatre hautes écoles unissent leurs forces pour le bien de la musique à vent et organiseront de concert les Swiss Conducting Days en mars 2026.

Ce format donne naissance à une solide plateforme combinant formation et pratique: l'orchestre symphonique à vents aulos et les quatre hautes écoles de musique suisses de Bâle, Berne, Lucerne et Fribourg unissent leurs compétences afin de promouvoir de manière ciblée la prochaine génération de directrices et directeurs d'orchestres à vents et, parallèlement, de développer durablement la musique à vent suisse.

Le concept fait se rencontrer durant six jours étudiants, professeurs, musiciens et partenaires principaux du mouvement, dont l'Association suisse des musiques (ASM), l'Association suisse des directeurs de musique à vent et la Musique militaire suisse. Au cœur du programme: des classes de maître, un travail autour du répertoire de haut niveau et des échanges directs.

Lors d'un entretien, Thomas Trachsel, président de la commission de musique de l'ASM, et Benedikt Hayoz, directeur de la filière de direction à l'HEMU, reviennent sur l'idée, l'impact et les perspectives de cette collaboration et sur la manière dont les hautes écoles et le mouvement de la musique à vent peuvent envisager un avenir commun.

Thomas Trachsel (TT): Quelle est l'idée de base des Swiss Conducting Days et pourquoi quatre hautes écoles les mettent-elles sur pied ensemble, avec aulos?

Benedikt Hayoz (BH): Les Swiss Conducting Days ont pour objectif de donner aux étudiants en direction des quatre hautes écoles de musique suisses disposant d'une filière de direction d'orchestre à vents la possibilité d'acquérir une expérience pratique avec des ensembles de haut niveau.

TT: Quel est le programme des Swiss Conducting Days?

BH: En collaboration avec aulos, ils sont conçus sur le principe de classes de maître universitaires. Ce qui débouche sur un échange précieux avec les professeurs des autres hautes écoles, pour offrir aux étudiants de nouvelles impulsions et des perspectives différentes.

TT: Dans quelle mesure ce format renforcera-t-il le lien entre formation et pratique dans le milieu de la musique à vent suisse?

BH: Pour les directrices et directeurs de demain, la mise en pratique de la théorie emmagasinée représente souvent un défi majeur. Contrairement aux instrumentistes, qui s'exercent à la maison et jouent ensuite dans un ensemble, les chefs ont toujours besoin de vrais orchestres pour pratiquer. Ce qui n'est pas toujours simple à mettre en place au vu de la fourchette allant de la quatrième catégorie à l'ensemble professionnel.

TT: C'est là qu'entrent en jeu les Swiss Conducting Days?

BH: Exactement. Les hautes écoles créent des opportunités pour que les étudiants puissent également travailler avec des ensembles de niveau élevé et, si possible, professionnels. Ils apprennent ainsi où ce cursus peut les mener et ce qu'implique le travail à différents niveaux, que ce soit avec des professionnels ou des formations d'amateurs. Il s'agit là d'une contribution essentielle des hautes écoles pour l'ensemble du mouvement de la musique à vent.

TT: Quelles compétences les futurs directrices et directeurs d'orchestre à vents doivent-ils développer dans les quatre hautes écoles?

BH: Il faut trouver un équilibre entre les compétences musicales, pédagogiques et sociales, dont la pondération varie selon la situation, les périodes de répétition ou l'importance de l'aspect humain au sein de l'orchestre. En début de carrière, le niveau musical - qui doit être élevé - joue un rôle crucial, car il est la base de tout travail de direction.

TT: En quoi l'engagement au cœur du mouvement de la musique à vent suisse est-il si particulier?

BH: De nombreuses personnes s'y engagent bénévolement, sur leur temps libre. Ce qui devrait être valorisé: les directrices et directeurs sont appelés à apporter leur professionnalisme pour améliorer la qualité musicale, tout en motivant les troupes.

TT: Mais l'excellence musicale ne suffit pas…

Effectivement. La capacité d'aller chercher les gens, de les guider et de les inspirer est tout aussi importante, que ce soit au niveau amateur ou professionnel. Diriger revient à assumer la responsabilité d'un processus commun et à créer un espace où chacune et chacun peut donner le meilleur de soi-même.

TT: Pourquoi la collaboration avec l'orchestre symphonique à vents aulos est-elle si précieuse pour les étudiants?

BH: Les étudiants, qui travaillent souvent au quotidien avec des sociétés aux structures variées, se retrouvent pour une fois face à un orchestre de niveau professionnel. C'est une expérience aussi inédite qu'importante pour eux.

L'orchestre à vents aulos sur scène
La collaboration avec un orchestre professionnel est importante pour les étudiants.

TT: Qu'apprennent alors les étudiants?

BH: Qu'il faut aborder les répétitions selon une approche différente lorsque l'on a affaire à des musiciens professionnels. Ceux-ci attendent une conduite claire, de l'inspiration et une idée précise de ce que le chef souhaite obtenir en termes d'interprétation, mais aussi un certain respect du professionnalisme et de la musicalité des instrumentistes.

TT: Sans compter que le répertoire est plus complexe et plus exigeant…

BH: Oui, les étudiants doivent souvent se contenter d'un temps de travail très court - parfois seulement trois répétitions - pour préparer un concert. C'est un vrai changement de paradigme pour les jeunes chefs, qui ont l'habitude de travailler avec des sociétés pendant des semaines ou des mois. Précieuse, l'expérience leur sera particulièrement utile tout au long de leur carrière.

TT: Les Swiss Conducting Days sont conçus sur six jours, selon un format itinérant incluant plusieurs lieux (Fribourg, Berne, Aarau, Lucerne). Quelle valeur ajoutée ce mode opératoire apporte-t-il?

BH: La principale consiste à regrouper et à valoriser de manière ciblée les ressources, les profils et l'engagement des différentes hautes écoles et des partenaires. Le site d'Aarau, par exemple, joue un rôle important: la musique militaire, qui y a ses quartiers depuis plus d'un siècle, est garante de qualité et de formation pour le mouvement de la musique à vent.

TT: Qu'attendez-vous de cette collaboration?

BH: L'objectif vise à éviter que chaque haute école fasse cavalier seul, dans l'idée de renforcer un développement commun. Une collaboration que nous pourrons - je l'espère - encore faire évoluer dans les années à venir.

TT: Quelles opportunités ce format offre-t-il aux ensembles partenaires?

BH: Celle d'obtenir un aperçu du travail dans les hautes écoles et de rencontrer de jeunes chefs. Parallèlement, les ensembles eux-mêmes profitent du travail sur différentes approches artistiques en termes d'écriture et peuvent alors se rendre compte en direct de l'impact de la direction sur le son et l'expression.

TT: Quelles impulsions durables peuvent en émerger?

BH: Ces expériences réciproques favorisent la mise en réseau et renforcent la compréhension mutuelle au sein du milieu de la musique à vent suisse.

TT: Comment l'«expertise combinée» des professeurs des quatre hautes écoles se manifeste-t-elle concrètement dans le cours?

BH: Chaque étudiant(e) travaille avec plusieurs professeurs de différentes hautes écoles et reçoit un feed-back direct et personnalisé s'appuyant sur différentes perspectives professionnelles. Ce qui permet de faire converger différentes provenances artistiques, approches pédagogiques et spécialisations. Une telle concentration ne serait guère possible sur un seul site.

TT: L'étudiant qui se retrouve au pupitre n'est ainsi pas seul à en profiter…

BH: C'est vrai, leurs camarades d'études, présents en tant qu'auditeurs, en tirent aussi des enseignements, de précieuses impulsions, des observations et de nouvelles perspectives. En outre, certaines classes de maître sont ouvertes au public et permettent aux personnes intéressées - hors haute école - de se faire une idée du travail et de la formation des directrices et directeurs de demain.

L'orchestre à vents aulos sur scène
Il est particulièrement important, pour les étudiants, de découvrir des œuvres allant au-delà du répertoire habituel des sociétés.

TT: Quel est le rôle de la politique en matière de répertoire dans le développement de la musique à vent?

BH: La politique menée dans ce domaine joue un rôle-clé pour le développement de la musique à vent. Elle ne décide pas seulement des œuvres qui seront jouées, mais façonne également la formation musicale et l'horizon des musiciens.

TT: Et comment cela se reflète-t-il dans le programme (de Reed/Persichetti à Mozart/Stravinsky)?

BH: Pour nos étudiants, il est particulièrement important, durant leur cursus, de découvrir des œuvres importantes, au-delà du répertoire habituel des sociétés. C'est donc un aspect prépondérant dans tous les programmes d'études des conservatoires. Il est crucial que les futurs chefs professionnels, en plus de connaître ce répertoire spécifique, l'aient dirigé.

TT: Qu'attendez-vous de ce format?

BH: J'espère que cette initiative commune des quatre hautes écoles de musique et de l'orchestre symphonique à vents aulos, en collaboration avec l'ASM et d'autres partenaires, rencontrera un écho qui la rendra durable. J'aimerais également que les hautes écoles s'établissent comme des partenaires fixes dans le développement du paysage de la musique à vent et soient perçues comme tels. Dans l'idéal, ce concept devrait être mis sur pied à un rythme régulier - environ tous les trois ans - et se développer constamment.

TT: Quel impact souhaitez-vous avoir au-delà des Swiss Conducting Days, pour les étudiants, mais aussi pour les quelque 2000 sociétés et le milieu dans son ensemble?

BH: J'ai lancé l'idée et j'espère bien sûr que mes collègues lui donneront leur bénédiction et aideront à faire avancer le projet. Les Swiss Conducting Days participent à la collaboration continue entre l'ASM et les hautes écoles de musique, afin de créer des plateformes communes d'échange et de coopération. L'occasion pour toutes les personnes impliquées de se mettre en réseau et de trouver ensemble des solutions aux défis auxquels nous sommes confrontés au quotidien.

Au final, il s'agit de façonner activement l'avenir de la musique à vent en encourageant les étudiants, en inspirant les sociétés et en renforçant l'ensemble du mouvement, de manière à instaurer une culture de la musique à vent vivante, diversifiée et durable.

Concert final avec aulos

Pour clôturer les Swiss Conducting Days, les étudiants du master en direction d'orchestre à vents dirigeront l'orchestre symphonique à vents aulos.

  • 15 mars 2026,
  • 17h00 - 19h00
  • Südpol, Arsenalstrasse 28, 6010 Kriens